Pourquoi le chanvre ?

On a tous les deux fumé du cannabis pendant des années. On ne va pas tourner autour du pot : c’était récréatif, c’était ancré dans nos vies, et un jour on a voulu arrêter. Pas parce qu’on y était forcés. Parce qu’on en avait envie, simplement.

Le CBD nous a aidés à faire cette transition en douceur. Le corps continuait à avoir quelque chose, l’arrêt n’était pas une rupture, et progressivement on s’en est détachés. Ça a marché pour nous, vraiment. Mais on a vite compris que ce qu’on trouvait sur le marché ne ressemblait pas à ce que la plante pouvait donner.

Et ça, ça nous a mis en colère.

Pas une colère spectaculaire. Une colère froide, qui s’installe quand on réalise qu’on ne sait pas d’où vient ce qu’on consomme. Pas de producteur identifiable. Pas de champ. Pas de saison. Une plante qui sort de nulle part, conditionnée dans un sachet, vendue dans une boutique. Presque aussi opaque que le marché noir qu’on était censés avoir quitté. On avait changé de produit, pas vraiment de logique.

Nous, depuis longtemps, on avait envie de travailler la terre. Pas une envie romantique de campagne — une envie concrète de produire quelque chose de réel, de mettre les mains dans un sol précis, d’observer ce qui pousse et de comprendre pourquoi. On a toujours pensé que l’agriculture c’est un des rares métiers où on décide vraiment de ce qu’on fait, comment on le fait, où on expérimente, où on réussit et où on se plante parfois. Difficile et magnifique pour les mêmes raisons.

Ce projet agricole, on le construit encore. On avance dessus saison après saison. Le chanvre bien-être a été un élément moteur de tout ça : une culture qui pouvait financer le reste, nous donner la liberté de construire ce qu’on voulait vraiment.

Et puis surtout, produire nous-mêmes le CBD qu’on n’avait jamais trouvé. Celui qu’on aurait voulu avoir quand on a commencé cette transition. Pas un obscure produit de plus sur un marché saturé mais de vraies fleurs, naturelles et cultivées par des gens qu’on connaît (nous, en l’occurrence).

Donc voilà ce qu’on fait. On cultive en plein air, dans le Sud, dans un sol qu’on travaille depuis plusieurs saisons. On récolte quand la plante est prête. On sèche lentement, on manucure à la main, on conditionne sur place et on expédie directement. Chaque lot est différent parce que chaque saison est différente. On ne cherche pas à corriger ça et c’est exactement ce qu’une plante vivante est censée faire.

C’est juste la réponse la plus logique qu’on ait trouvée à un marché qui avait oublié la plante.