CBD bio certifié : comment nous avons obtenu notre certification Ecocert

On n’a pas décidé de passer en bio. On l’était déjà. La certification, c’est venu après, comme une formalité.

Dès le départ, nos pratiques respectaient le cahier des charges de l’agriculture biologique. Pas parce qu’on visait un label, mais parce que c’est comme ça qu’on voulait travailler. Le bio, pour nous, c’était une conviction avant d’être une démarche administrative.

La première année, on n’a pas eu le temps de faire la demande de certification. Lancer l’entreprise, mettre en place la première culture, créer les parcelles : tout s’est fait en même temps. La certification, ça demande de la disponibilité, des documents, un suivi. On a passé cette première saison sans label, mais avec les mêmes pratiques.

La conversion : deux ans pour les annuelles, trois pour les pérennes

La deuxième année, on a fait les démarches. Mais il y avait une contrainte : une parcelle déjà cultivée doit passer par une période de conversion avant d’être certifiée. Pour les cultures annuelles comme le chanvre, c’est deux ans. Pour les cultures pérennes, oliveraies ou vergers, c’est trois ans.

Pour contourner ça, on s’est mis sur de nouvelles parcelles en friche. Quand une parcelle n’a jamais été cultivée et qu’on fait constater cet état de friche avant de la mettre en culture, elle peut être certifiée bio dès la première récolte. On a utilisé cette règle pour aller plus vite.

Ce que le label a changé dans nos pratiques : rien

La certification n’a rien changé à notre façon de travailler. On était déjà bio sans être labellisés. Le passage en bio officiel, dans nos pratiques, c’est juste de la paperasse en plus.

Ce que le label implique concrètement : pas d’engrais chimiques de synthèse, pas de produits phytosanitaires de synthèse.

Concrètement, l'essentiel de notre gestion de l'enherbement repose sur une seule décision technique.

Pourquoi on utilise des bâches d'ensilage, et ce que ça implique comme arbitrages dans une culture bio →

On a le droit d’utiliser des engrais et des traitements, mais ils doivent être certifiés bio ou d’origine naturelle. Et le cahier des charges est le même dans tous les pays de l’Union européenne. Un bio industriel sous serre en Espagne répond aux mêmes règles qu’une petite exploitation en plein air dans l’Hérault. C’est la même certification.

Le label implique aussi des rotations. C’est de mise dans l’agriculture de toute façon : on ne replante pas la même chose indéfiniment au même endroit.

L’audit Ecocert

On est certifiés par Ecocert. Il y a deux grands certificateurs en France : Ecocert et Bureau Veritas. L’audit a lieu une fois par an, il dure environ une demi-journée. Notre auditrice est pédagogue, les contrôles se sont toujours bien passés. On en a eu deux. Ça oblige à avoir des documents en ordre, un peu d’administratif en plus. Mais ça n’a rien d’une usine à gaz.

Le coût : six cents euros par an. Et il existe un crédit d’impôt bio de quatre mille cinq cents euros. C’est ce crédit qui finance la certification, et même au-delà.

La seule vraie contrainte : trouver des semences bio

La contrainte qui pose parfois problème, c’est de trouver toutes les semences en bio. Pour le chanvre, ça peut nécessiter des dérogations. Pour les légumes qu’on cultive à côté, c’est pareil : soit on ne trouve pas ce qu’on cherche en bio, soit on le trouve, mais à quinze fois le prix des semences non traitées. C’est une réalité du cahier des charges bio.

Bio industriel, bio artisanal : la certification ne dit pas tout

Si quelqu’un nous dit que le bio, c’est du marketing, on lui répond qu’il a partiellement raison. Il existe du bio industriel, cultivé sous serre, à grande échelle, qui respecte la lettre du cahier des charges mais pas nécessairement son esprit. Consommer bio ne garantit pas automatiquement une qualité supérieure. Ça dépend de qui produit, comment, et dans quel état d’esprit.

Nous, on est bio parce que c’est notre conviction, pas pour un marché. La différence, elle se voit dans les pratiques quotidiennes, pas seulement sur le label.